En Mai, fais ce qu'il te plaît !

Mais pourquoi seulement en mai ?

 
En avril, il ne fallait pas se découvrir d’un fil. En mai, c’est l’euphorie, c’est l’explosion, c’est le printemps, alors “Fais ce qui te plaît !”
 
Mais pourquoi seulement en mai ?
 

Ce sympathique dicton n’est-il pas devenu philosophie pour bon nombre de nos contemporains, de nos proches, voire de nous-mêmes ? Tant pis si, en faisant essentiellement ce qui nous plaît et nous convient, on en arrive à ne vivre que pour notre plaisir personnel, accentuant ainsi le climat ambiant d’égoïsme et d’insouciance quant à autrui.

 

Quelle belle époque que notre époque ! En effet, tout est permis ou presque et la liberté est une déesse à laquelle tout le monde fait ses dévotions. Liberté chérie, première vertu d’une démocratie réclamée où la tolérance est de rigueur et le respect un honneur.

 
   
 
Vivre hors règle
 

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“Fais ce qu’il te plaît” puisque tout est accessible dans une société comme la nôtre, et parce que c’est le meilleur chemin pour se réaliser, s’épanouir, ne pas mourir idiot mais rassasié de jours dans “Plus belle la vie” et pouvoir ainsi fredonner ce refrain populaire “c’est que du bonheur” !

   

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“Fais ce qu’il te plaît” puisque la vie est trop courte pour s’encombrer de limites immédiates, de contraintes aliénantes et de règles astreignantes.

   
   
Le problème est que ce qui nous plaît n’est pas nécessairement ce qui plaît à chacun de tous ces autres qui nous entourent ; par ailleurs, il n’est pas sûr que tous puissent faire ce qui leur plaît, impunément.
 

Car, et la chose est claire depuis les philosophes des Lumières : “La liberté de chacun s’arrête où commence celle des autres !” Dès lors, de nouvelles règles se mettent en place et même si elles sont pénibles, elles sont nécessaires.

 

Vivre hors règle, tel un hors-la-loi, c’est provoquer des catastrophes et des violences dont nos journaux sont pleins, depuis le saccage de la planète jusqu’aux tensions urbaines en passant par les crimes et désordres de tous ordres.

 

Finalement, il n’est pas possible de vivre en ne faisant que ce qui nous plaît. C’est d’ailleurs une des choses essentielles que les parents doivent inculquer à leurs enfants dès leur plus jeune âge : dans la vie, on ne fait pas ce que l’on veut ! On n’accepte pas que ce qui nous plaît !

 
 
 
La piste possible
 

Pourtant, il y a une piste possible qui ouvre des horizons prometteurs et heureux. Pour saisir cette vérité, il faut passer par une image, une illustration, voire une parabole. C’est l’histoire d’un chef d’entreprise qui souhaite que son chiffre explose avec l’offre de produits nouveaux. Or, ce patron embauche des jeunes créateurs dont l’imagination devient un trésor.

 

Et son discours est le suivant : “Je vous expose mes objectifs et mes ambitions. Je vous rappelle les règles économiques, éthiques et déontologiques auxquelles nous sommes obligatoirement soumis. Je vous explique l’esprit-maison et la philosophie que je veux voir régner dans cette entreprise. Dès que vous aurez intégré tous ces points (sans les oublier en cours de route), vous pourrez faire ce que vous voulez. Laissez libre cours à votre créativité en respectant les balises mentionnées. Vous pouvez y aller !”

 

Les employés qui ont saisi le message et compris l’espace énorme qui est le leur, se mettent au travail comme s’ils entraient dans un grand jeu. Ils se montrent performants et tout le monde peut être content d’eux. Ce chef d’entreprise avait dit : “Soyez au diapason de l’esprit-maison et faites ce qu’il vous plaît.”

 
Ce qui change tout, c’est ce qui précède le “Fais ce qu’il te plaît”.
 

Si le préalable est le plaisir personnel, le besoin de richesse, la soif de pouvoir, le désir de vengeance, la volonté de dominer, alors on risque d’utiliser des moyens difficilement justifiables : amour, gloire et beauté riment avec haine, bassesse et mensonge !

 
 
 
Choisir la source de notre vie
 

Saint-Augustin a une belle formule : “Aime et fais ce que tu voudras”. Selon lui, si la motivation de l’individu est l’amour, alors tout ce que cet individu fera sera bon, bien et beau. Celui qui aime ne peut que faire des choses positives, constructives, généreuses. Encore faut-il aimer et savoir quoi ou qui aimer. Pour Saint-Augustin, l’amour ne pouvait que prendre sa source en Dieu, le meilleur de tous les patrons, le plus excellent des chefs d’entreprise : patron, padre, père ! Si la source est pure, tout ce qui en découle est juste et bon.

 

Il est donc important, et même essentiel, de décider quelle sera la source de notre vie pour saisir ce que sera son objectif. Le meilleur à vivre n’est pas ce qui frappe les yeux ou ce qui devient normatif dans un monde égoïste et implacable. Le meilleur de la vie est ce qui rend heureux et paisible, joyeux et serein, satisfait et tranquille.

 

Nous ne pouvons pas faire seulement ce qui nous plaît, parce que si nous sommes capables du meilleur, nous sommes aussi capables du pire : tel est le lot terrible de l’humain et de l’humanité. Si c’est en moi que je cherche le préalable qui permet de bien faire les choses et remplir correctement ma vie, je risque de tomber sur mes travers, mes faiblesses, mes fantasmes, mes désirs, et même mes perversions. Mieux vaut puiser dans une source meilleure que moi-même et découvrir ce qu’avait découvert Saint-Augustin.

 
Si je puise en Dieu les motivations pour vivre, je trouverai aussitôt l’amour, celui de Dieu, celui du prochain et celui de moi-même. Riche de ces nouvelles perles, je pourrai enfin faire ce qui me plaît, parce que ce que je voudrai sera au diapason de Dieu.
 
“Que ta bonté est précieuse, ô Dieu ! Les humains cherchent refuge sous tes ailes. Tu les combles des richesses de ta maison, tu les fais boire au fleuve de ta bonté. C'est chez toi qu'est la source de la vie, c'est ta lumière qui éclaire notre vie” (Psaume 36/8-10).
 
 
 
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